jeudi, 24 juillet 2008

Dans la ruche

Un texte pas trop de circonstance, surtout pour ceux qui bossent en juillet...

Mais, allez, on le prend cool.

Je posterai un peu de musique tout à l'heure pour être un peu plus léger... 

 

DANS LA RUCHE

Il regardait voler les mouches
L’histoire de s’occuper l’esprit
Le stylo coincé dans la bouche
Pour se donner un alibi
Vis-à-vis de la hiérarchie
Et des espions du grand patron
Qui rôdent souvent dans les couloirs
Pour débusquer les tire-au-flanc.

On aurait pu croire qu’il tentait
De mettre en forme sa réflexion
Alors qu’il ne pensait à rien
Les yeux fixés sur le plafond
Suivant le manège des fourmis
Qui s’activaient dans les fissures
Et rappelait qu’il y avait
Une vie cachée sous la toiture

Dans l’alvéole de son bureau,
Aux côtés d’autres alvéoles
Où ses collègues se démenaient
Sans le moindre signe de révolte
Il reconsidéra la ruche
Le lieu de son aliénation
Où il passait beaucoup de temps
En échange de si peu d’argent

Les abeilles laborieuses trouvaient
Dans leur travail en entreprise
Un moyen simple de s’affirmer
En restant toujours sous emprise
Rassurante manière d’exister
Dès lors qu’il n’y a pas d’objection
A n’apparaître aux yeux d’autrui
Qu’à travers le prisme d’une fonction

S’il est des cas où la fonction
Leur permet, certes, de s’accomplir
Quand la vie entière s’y confond,
La fonction devient leur loisir…
Mais pour les travailleurs qui bossent
Car c’est mieux que d’être au chômage
Chaque jour qui passe est un affront
Qui a des relents d’esclavage.


En se penchant à la fenètre
Du haut du trente-sixième étage
Il eût envie de faire passer
Cet arrière-goût de gaspillage
Mais à quoi bon se sacrifier
Quand on est sûr qu’avant demain
Un remplaçant au pied levé
Aura repris les choses en main

Il se ravisa à l’idée qu’un jeune
Serait dans son fauteuil
Avant que lui-même ne soit froid,
Bien installé dans son cercueil,
Et, soudain, il chassa les mouches
Qui tournoyaient dans son bureau
Leur vol stigmatisant pour lui
La grande victoire des asticots

Le bourdonnement des secrétaires,
L’appel strident du téléphone
Le ramenèrent à son calvaire
A sa pile de dossiers énormes
Il se remit donc au boulot
Avec l’énergie du bagnard
Qui fait passer sur les cailloux
Sa colère et son désespoir.

Dans la ruche,
Dans la ruche,
Dans la ruche,
Un coup de bourdon…



 

 

jeudi, 10 juillet 2008

Le monde immonde

nota : D'accord, je pense pas que ça fera le tube de l'été. Ni de l'hiver d'ailleurs. Ou alors dans un autre monde... 

 



-Quand je sors dire bonjour au monde,
Il m’accueille à grands coups de triques
Dès que je mets le nez dehors
Il m’envoie son gaz carbonique
Qui s’échappe des voitures lancées
A 120 sur la voie publique
Pendant que mes oreilles encaissent tant bien que mal
Leur fanfare mécanique

Quand je sors dire bonjour au monde
Quand je sors dire bonjour au monde
Quand je sors dire bonjour au monde...

Ô monde immonde !



-Au feu rouge, enfin, je traverse
Et encore je prends des risques
On n’est jamais à l’abri, bien sûr,
D’un chauffard myope ou alcoolique
Le sol est jonché d’oisillons
Ecrasés par les pneumatiques
Et leurs intestins déroulés
Ressemblent aux corps gluants des lombrics

J’ai envie de vomir le monde
J’ai envie de vomir le monde
J’ai envie de vomir le monde...

Le monde immonde !


- Sur le trottoir juste en face
Je croise un mendiant famélique
Qui me dit qu’il va bientôt crever
Et qui aimerait taxer du fric
Comme je joue le mec super speed
Il m’annonce alors d’une voix prophétique
Que c’est le grand Satan qui l’envoie
Ma punition sera, dit-il, pédagogique…

Je n’ai rien à faire dans ce monde
Je n’ai rien à faire dans ce monde
Je n’ai rien à faire dans ce monde


Dans ce monde immonde !

 


- Mais comme si ça ne suffisait pas
Il faut que je tombe sur Angélique
Elle, c’est sûr, Satan me l’envoie
A tous les coups au Prisunic
Elle me raconte les nouveaux potins
Et son dernier rêve érotique
Je fais mine de l’écouter
Mais je commence à croire aux maléfices

J’aimerais changer ce monde
J’aimerais changer ce monde
J’aimerais changer ce monde...


Ce monde immonde !


- Sur le chemin pour rentrer chez moi,
J’avance chargé comme une bourrique
Et je rumine des pensées en moi
Vaguement métaphysiques
"On est bien peu de choses sur la Terre
Et notre sort est d’un tragique
A la merci du nucléaire et plus encore
Des changements climatiques"

Quand j’ouvre les yeux sur ce monde
Quand j’ouvre les yeux sur ce monde
Quand j’ouvre les yeux sur ce monde


Sur ce monde immonde !

lundi, 03 mars 2008

Du bonheur...

Le bonheur,

C'est du chagrin qui dort

Surtout ne le réveille pas.

Surtout ne le réveille pas...

samedi, 26 janvier 2008

Société Générale : La totale arnaque

Voici donc la Tour mythique de la Générale...

Plein centre sur la photo.7760dea0ca7302e22736f0fce7fe6f2b.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis chez moi, il y a une vue directe sur ce bâtiment si brillant d'habitude....

 

Mais aujourd'hui bien terne vu le contexte...

 

d827e4172eacb2dd4b2cbdcd4a09979f.jpg

 

 

C'est bien là qu'on arrive à perdre, l'air de rien, 7 mille millions d'euros en une petite année (soit la bagatelle de 19 millions - d'euros - par jour, en moyenne : ce qui nous fait dans les 124.630.000 de francs quotidien,  pour information).

 

 

 Oui, ça parle davantage que de parler en milliards d'euros.

 

En gros, c'est l'équivalent de la valeur du parc immobilier d'une ville de taille moyenne (35.000 habitants), si chaque habitant y posséde un appartement de 300.000 euros.

Soit, avec le talent de la Générale, toute une ville rayée de la carte, en somme.

Belle performance qui, à ce niveau, impressionnent même nos collègues ricains.

Et puis, ni vu ni connu, je t'embrouille, ce serait comme par hasard le fait d'un seul homme...

Merci le lampiste.

Oui mais lequel ?

 

87c03e033676bd0dc276790e17422068.jpg

    

Allez, pas de poujadisme de base, et attendons les conclusions de l'enquête judiciaire...               

  

dimanche, 02 septembre 2007

Enfin du son...

Chers lecteurs, lectrices,

Puisque l'on n'arrête pas le progrès,

Et puisque vous avez été fidèles et patients,

Vous allez pouvoir devenir auditeur sur ce blog.

Un peu d'indulgence, ce ne sont que des brouillons sonores.

Mais c'est déjà ça.

@+

samedi, 25 août 2007

L'angoisse passe

Un cauchemar te réveille la nuit,

Tu te noies au fond d'un puit.

La vie passe, tu n'as rien appris,

La vie passe, tu n'as rien construit...

Et l'angoisse te poursuit le jour

Quand tu guettes un spectre d'amour,

Dans cette foule de gens qui t'entoure

Tu le fuis depuis toujours

 

N'oublie pas de vivre ce jour

Comme si c'était le premier

N'oublie pas de dire bonjour

Au facteur et au boulanger.

 

Ta vie est une parcelle

D'éternité.

Ta vie est un cadeau,

Un joyau qu'il faut mériter

Imagine un peu que demain

Tout s'achève

Et savoure ta prochaine bouffée d'air

 

 

Mais les cauchemars reviennent sans répît

Un fantôme de femme sous ton lit

La nuit passe, tu restes en sursis

La nuit passe, ce n'est pas fini

Car l'angoisse te rattrape encore

En dépît de tous tes efforts

Quand tu glisses de corps en corps

L'amour vrai est resté au port

 

N'oublie pas de vivre ce jour comme

Si c'était le premier

N'oublie pas de retourner à l'essentiel,

A l'amour vrai

Ta vie est un morceau

D'éternité,

Ta vie est un cadeau

Un joyau qu'il faut mériter.

Pour que l'angoisse passe,

Pour que l'angoisse passe.

 

 

mercredi, 22 août 2007

Code maçon : article 9

RESPECTE L'ETRANGER VOYAGEUR,

AIDE LE,

SA PERSONNE EST SACREE POUR TOI.

mardi, 21 août 2007

Code maçon : article 8

SOIS LE PERE DES PAUVRES,

CHAQUE SOUPIR QUE TA DURETE LEUR ARRACHERA AUGMENTERA LE NOMBRE DES MALEDICTIONS QUI TOMBERONT SUR TA TETE.

 

 

NB: Evidemment si tu prends le métro, tu vas avoir du boulot.

samedi, 18 août 2007

La comédie musicale de la SNCF (III)

Greg :

Je suis désolé de vous infliger ça, mais...

La réalité est au moins dix fois pire que ça...

Imaginons... que nous soyons vendredi soir,

Imaginons... que nous allions au même rencard...

Lulu :

Laisser traîner les yeux sur les panneaux lumineux,

Laisser traîner les pieds sur le parterre qui miroite

Et regarder encore les beaux écrans lumineux...

Les seuls petits coins de ciel bleu

Que l'on trouve, en sous-sol,

Cri-Cri :

Dans les gares !

Lulu :

Les seuls petits coins de ciel bleu

Que l'on trouve, à toutes heures,

Cri-Cri :

Dans les gares !

Lulu :

Marcher bien gentiment au milieu du peloton,

L'imper collé au fute qui moule les fesses d'une sauterelle,

Rêver à des transports en commun plus folichons

Et partir dans une échappée belle...

Lulu :

Belle

Belle, Belle...

Belle, Belle...

Laisser traîner les yeux sur les panneaux lumineux,

Laisser traîner les pieds sur le parterre qui miroite

Et regarder encore les beaux écrans lumineux...

Pour un peu on se croirait en boite.

Mais...

Cri-Cri :

Les gens ont dans les mains

Des sacs de vingt cinq kilos.

Ils ont au fond d'une poche leur carte orange,

La photo de leurs gosses et puis des tickets-restos...

Très peu de chance, mon pote, pour qu'ils dansent !

En chœurs :

Il n'y a qu'un chemin pour les passagers du train,

Celui de la masse qui les mènent droit dans une impasse...

Il n'y a qu'un chemin pour les passagers du train,

Il n'y a qu'un seul chemin en fait !

Et tout au bout, il y a la défaite.

vendredi, 17 août 2007

La comédie musicale de la SNCF (II)

TRAIN-TRAIN II

 

Greg :

Je suis désolé de vous infliger ça, mais...

La réalité est au moins dix fois pire que ça...

Imaginons... que nous soyons lundi matin,

Imaginons... que nous attrapions le même train...

 

Lulu :

Finir sa nuit d'amour

Sur les banquettes "graffitées",

Coincé entre une vieille peau

Et un beau jeune homme en costard !

Se réveiller chaque fois

Que le train s'arrête à un quai,

Tous les jours...

Tous les jours...

Tous les jours...

C'est...

Cri-Cri :

Le cauchemar !

Lulu :

Tous les jours...

Tous les jours...

Tous les jours...

C'est...

Cri-Cri :

Le cauchemar !

Lulu :

Sentir la bonne haleine

De toutes ces bouches rassemblées...

Dans cette galère à huit heures du mat.

Se venger en lorgnant une gonzesse bien carrossée

Qui lorgne elle-même un type plutôt bath. Normal !

Cri-Cri :

Normal !

Normal,

C'est normal !

Lulu :

Physiquement, ils sont proches

Et c'est pour ça qu'ils sont loin...

Tellement loin de se sentir à l'aise.

Toutes les minutes qu'ils passent

Dans les transports en commun,

Ils mettent leurs vies entre parenthèses.

Cri-Cri :

La plupart sont ici en transit, mais, il y en a certains qui habitent,

Dans les couloirs pleins de courants d'air,

Dans les stations vides du R.E.R,

Quand l'heure se fait étrangère...

Quand l'heure se fait étrangère...

En chœurs :

La plupart sont ici en transit, mais, il y en a certains qui habitent,

Dans les couloirs pleins de courants d'air,

Dans les stations vides du R.E.R,

Quand l'heure se fait étrangère...

Quand l'heure se fait étrangère...

Toutes les notes