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lundi, 14 juillet 2008
Les derniers seront les premiers
Bon, je sais qu'il ne faudrait pas suivre cette mauvaise saga de l'été diffusée par France Télévision, vous savez ce feuilleton consistant à filmer des mecs à bicyclette qui traverse la France à fond la caisse en prenant les itinéraires les plus escarpés.
Mais, en fait, je me contente de mettre le poste en fond sonore, comme une radio, pour suivre l'évolution des événements. Et, de temps en temps, je jette un oeil sur le paysage. La campagne et la montagne de France sont tellement belles...
Pour ce qui est des acteurs de cette course (aux armements ?), vous savez déjà ce que je pense des performances réalisées en tête de peloton par les mobylettes humaines, en imaginant aisément le carburant qu'ils mettent dans leur moteur...
Mais, ce qui me défrise le plus, ce sont les propos des commentateurs qui, eux, c'est sûr, sont dopés à la connerie.
On aimerait les voir capables d'objectivité et, à tout le moins, de discernement : comment peuvent-ils évoquer sans la moindre gêne les exploits du trop fameux Richard VIRENQUE, palme d'or de l'usage d'EPO ?
On aimerait également entendre de leur part des réserves d'usage pour tempérer leurs propos s'extasiant sur les exploits des coureurs les plus forts, et dont on peut légitimement présumer aussi qu'ils peuvent être les plus chargés, à moins de considérer qu'à égalité de dopage, c'est la valeur sportive qui fait la différence... Imaginez donc que l'on admette la licéité du dopage et le tour est joué!
A contrario, on aimerait les voir considérer normal qu'un favori puisse subir, miraculeusement, une défaillance. Le "jour sans" n'est-ce pas la garantie d'un sportif propre ?
Alors lorsqu'on entend leurs commentaires énumérant avec consternation les lachés dans un col, je ne peux m'empêcher de penser quant à moi que ce sont ces mêmes lâchés qui sont sans doute les gars les plus propres.
Et de penser à tous ces coureurs injustement oubliés par l'Histoire du Tour simplement parce qu'il n'existe qu'un seul culte finalement : celui du vainqueur que l'on vénère même s'il triche.
Qui se souvient du 15ème du Tour 2007 et a fortiori du dernier ?
On se souvient par contre de CONTADOR, arrivé premier, après l'exclusion de RASMUSSEN, convaincu de dopage, ce même CONTADOR ayant été lui-même rattrapé par la patrouille et soupçonné à son tour du même vice.
On se souvient de (je cite pèle-mèle) : DELGADO et de LANDIS, et d'ARMSTRONG, de VIRENQUE et de PANTANI et d'INDURAIN et de RIIS. Et de combien d'autres ? Mais qu'importe tous les noms de la cohorte.
Car, excusez moi, Messieurs les tricheurs, mais le classement n'est pas celui que vous croyez,
Les derniers sont, moralement, les premiers.
Enfin, sous réserve....
20:35 | Lien permanent | Commentaires (0)
Enquête de l'été : Dopage sur le Tour ?
Oui, ayant lancé la question, pas toute neuve, du dopage sur la grande boucle, je me devais de mener une petite enquête sur les modalités actuelles de la lutte contre ce fléau sur le TDF 2008.
Je livre ici la publication d'un article du Nouvel Obs consacré au sujet.
Je note à titre liminaire que le problème du contrôle au long cours, c'est-à-dire avant la compétition, ne semble guère efficace tel qu'il est mené actuellement, ce qui laisse entier l'interrogation que je soulevais dans une précédente note. On note cependant le grand progrès que constitue le passeport sanguin.
TOUR DE FRANCE
NOUVELOBS.COM | 11.07.2008 | 17:11
Voici les grandes lignes du système de contrôle antidopage mis en place sur le Tour de France 2008.
- Avant le Tour : L'Agence française de lutte contre le dopage (Afld) organise une soixantaine de contrôles inopinés et ciblés sur toutes les équipes en France et à l'étranger. Hors de l'hexagone, elle sollicite le concours des autorités antidopage locales ou de l'Agence mondiale (AMA). Le principal obstacle a été de réunir les informations concernant la localisation des coureurs.
A dix jours du départ, les 20 équipes étaient localisées et une trentaine de contrôles inopinés réalisés, certains coureurs ayant été contrôlés plusieurs fois. Les traditionnels tests sanguins d'avant compétition sont effectués quelques jours avant le départ sur les 180 partants. Ils sont ensuite envoyés à Lausanne pour analyse et les résultats intégrés au passeport sanguin de l'Union cycliste internationale (UCI).
- Durant le Tour : Le bilan statistique des contrôles devrait s'établir à 180 tests comme en 2007. En revanche, ils devraient être moins automatiques et plus aléatoires de façon à permettre à l'Afld de briser le système et ne plus contrôler systématiquement des coureurs qui pourraient se préparer à être testés. Les contrôles du maillot jaune et du vainqueur d'étape devraient perdurer.
Des contrôles inopinés dans les hôtels sont également prévus entre 6h00 et 21h00. 8 chaperons sont mobilisés afin d'éviter qu'un coureur ne se retrouve livré à lui-même avant le prélèvement, l'annonce des coureurs soumis au contrôle se faisant le plus tard possible.
Comme la loi française le lui permet, l'AFLD prélèvera, outre sang et urine, des phanères (ongles, poils, cheveux) qui ne seront analysés que si les échantillons A et B sont positifs.
Les analyses urinaires comprendront "très régulièrement" la détection de l'EPO, en plus des substances traditionnelles (corticoïdes, stimulants, stéroïdes anabolisants etc...).
Les contrôles sanguins seront également quasiment routiniers et fractionnés en deux: une partie partira à Lausanne pour détection de l'hormone de croissance (hGH) pour laquelle le laboratoire suisse est équipé, le reste sera traité à Châtenay-Malabry, responsable également des analyses urinaires. Ce laboratoire rendra les résultats en 48 heures, 72 en cas de recherche d'EPO.
- Après le Tour : Deux cas de figure sont prévus en cas de violation du règlement antidopage. Si le coureur est français, la Fédération française de cyclisme (FFC) est responsable de la procédure, si c'est un étranger elle est du ressort de l'Afld. Comme lors de Paris-Nice, l'AFLD accepte les autorisations d'usage thérapeutique délivrées par l'UCI.
18:16 Publié dans NIOUZERIES | Lien permanent | Commentaires (0)
Tour de France : Dur d'y croire encore
Oui, rapidement, ce que m'inspire l'étape pyrénéenne du jour, avec à l'arrivée la victoire de la nouvelle petite merveille italienne (R.RICCO).
Victoire que le jeune prodige a forgé dans l'ascension du col d'Aspin, dernière difficulté avant la descente vers Bagnères de Bigorre.
Une mine terrible placée en pleine montée, après une succession d'attaques de moyenne envergure.
Et là, donc, un sprint phénoménal (en pleine pente, j'y insiste) et qui laisse l'ensemble des autres coureurs sans réaction, quasiment à l'arrêt.
Et ce sprint qui ne s'arrête presque plus jusqu'au passage du sommet...si, si.
On aurait vraiment pensé que l'italien avait enfourché d'un seul coup une mobylette dénichée au bord de la route (que dis-je un gros cube), pour finir l'étape mais non, il était bien en train de pédaler, ce qui à ce niveau s'apparente plus à de la moulinette, mais avec quel rendement et avec quelle efficacité.
Alors, à quoi pense-t-on une fois passés la surprise et l'enthousiasme du moment ?
Rapide regard vers le passé : on ne peut que se référer à quelques autres séquences hallucinantes de l'histoire récente du Tour.
Les sprint en côte de Pantani (dopage avéré)
L'accélération de Bjarne Riis l'année de sa victoire (dopage présumé). Tout un poème, il faudrait détailler surtout comment après s'être laissé décroché pour jauger de l'état de forme de ses concurents, il avait brusquement mis le starter.
Les décollages fulgurants monnaie courante chez Richard Virenque et Claudio Chiappuci (dopage avéré)
Avec, au-delà bien sûr, et comme summum du délire, la régularité extra-terrestre d'Indurain et Armstrong en haute-montagne et en contre-la-montre (dopage avéré au moins une fois pour Armstrong et révélé par l'Equipe sur la base d'une expertise réalisée postérieurement à l'épreuve avec de nouvelles techniques de dépistage).
Pour en revenir à aujourd'hui, et même si on admettra que le jeune RICCO a un démarrage un peu moins puissant que le grand Marco Pantani (un immense coureur -idole de RICCO-mais convaincu de dopage je le rappelle), je ne peux malheureusement croire que tout ceci est naturel.
Les contrôles anti-dopage ont été renforcés cette année; ils sont conduits par l'agence française anti-dopage, organisme indépendant de la société du Tour de France : on ne peut que s'en réjouir. Mais ce contrôle est-il efficace au stade même de l'épreuve ?
Certes, on attrapera sans doute quelques abrutis qui se dopent au jour le jour (Manuel BELTRAN). Mais quid de la traque aux préparations en amont, celles qui permettent aux coureurs d'engranger une quantité d'entrainement, avec un dopage spécifique, et de restituer ensuite cette somme de tricherie sans tomber sous les fourches caudines des contrôles en compétition.
En somme, pour que je puisse y croire encore, il faudrait que le contrôle longitudinal soit exercé sur chaque coureur et que ses performances soient garanties clean par un organe médical indépendant.
A défaut, je regarderai toujours ces étapes de montagne mais avec le curieux sentiment d'assister à un mauvais film de science-fiction, c'est-à-dire sans me laisser prendre totalement, comme si je parvenais, malgré moi, à déceler le trucage.
bye bye, mes petits mateurs,
portez vous bien et à demain, en principe, pour d'autres aventures.
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